L'ethnologie est fondée sur le postulat de l'unité psychique de l'humanité. Cependant, autant le cerveau humain se révèle physiologiquement identique par-delà les continents, autant la pensée trouve des façons différentes d'opérer de culture à culture à partir de ce même organe. Ainsi, les caractères japonais syllabiques hiragana et katakana et les idéogrammes, kanji, dirigent la pensée des Japonais vers des associations à composante visuelle absentes de nos écritures syllabiques. La façon dont raisonnent les Athéniens du IVe siècle avant Jésus-Christ demeure dans ses grandes lignes la nôtre. Notre mode de raisonnement semble figé depuis 2500 ans. Les principes qui autorisèrent la science et la technologie étaient déjà acquis sous leur forme quasiment moderne par Platon et Aristote. Ce sont les scolastiques si souvent décriés qui feront progresser dans les parties de la conceptualisation qui nous étaient encore nécessaires. La linguistique scolastique semble plus sophistiquée que la nôtre selon Jakobson.

 

Comprendre comment l'homme pense semble donc bien être à la portée de l'homme pensant, sans qu'il soit nécessaire pour cela de mobiliser un matériel de laboratoire sophistiqué. Le laboratoire permet toutefois la quantification. Elle rassure les athées dans les domaines où la raison leur semblerait perdre pied.

 

Vérité et réalité se sont constituées en un noyau dur de nos croyances. Or, la Chine archaïque adopta d'autres critères dans son appréhension du monde, et des notions telles que la « vérité » et la « réalité » lui demeurèrent étrangères au sein du cadre de référence qu'elle s'était offert.

 

Notre science a créé le mythe de la Réalité-objective. Les scientifiques considèrent l'ensemble des mythes théologiques fondés sur des croyances intraduisibles en hypothèses testables demeure comme à exclure du domaine de la connaissance légitime. Pourquoi et comment refuser de mathématiser Dieu et de le traduire sous forme d'équations?

Sans quitter Platon et Aristote ni entrer dans une forme des scepticismes des sophismes, l’argument justifié par « dieu ou dieux seraient, par définition du domaine de l’inconnaissable » méritera un détour !

La précondition du « miracle grec » était celle d'une langue du type du grec ancien, permettant d'établir entre des concepts des relations aussi bien antisymétriques « (la souris est un rongeur ») que symétriques « (le chat et ses moustaches »).

Il fallait que soit défini comme critère d'un discours valide qu'il se poursuive sans se contredire, comme le réclamaient les philosophes présocratiques et Socrate lui-même.

Il fallait un penseur qui codifie les principes qui autorisent une suite de propositions à s'enchainer sans se contredire (ce fut l'œuvre d'Aristote).

Il fallait que d'autres penseurs mettent en évidence les contradictions qui peuvent apparaitre entre les conclusions de deux discours pourtant chacun non contradictoires (les sophistes).

Il fallait qu'un penseur propose une condition de rechange à la validité d'un discours : celle de la vérité de ses énoncés envisagés isolément (Platon fit cette proposition dans Le Sophiste). La question de la vérité conduit au postulat d'une réalité « objective ».

Ainsi, nous sommes arrivés à la construction de la « science » en tant que description vraie et non contradictoire du monde postulé, donc au mythe, de la Réalité-objective.

 

Thèse, antithèse, synthèse

Prenez les différents représentants de ces différents points de vue et conduisez-les à faire front aux objections des penseurs, vous obtenez le problème de l’argumentation et du processus d’expression de la pensée, le système Thèse, Antithèse, Synthèse offre une solution.

Le processus est secoué par la mécanique quantique.

 

En fait, d’autres solutions étaient possibles et liées aux futurs contingents ou à la matérialité des concepts abstraits. Si vous éliminez le futur et l’abstraction, vous obtenez la pensée dite scientifique.