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Le principe : vous avez besoin d’une aide spirituelle pour une maladie une situation professionnelle difficile… que souhaiteriez-vous pour vous-même ?

Votre pensée s’est comme envolée vers quelque chose… c’est tout ce que nous demandons.

Vous pourriez ajouter un peu de lumière – pour que les médecins réalisent la nature exacte de la maladie – pour que l’on prenne conscience de ce vous pourriez apporter à une entreprise…

Ajoutons cette Énergie qui parfois fait défaut, comme pour donner un coup de fouet qui permet d’oublier les perceptions et se recentrer sur la réalité des sensations. Recadrer la situation à de justes proportions.

Amour ou amitié ou affection ou sympathie ou empathie : comme vous prendriez un enfant dans vos bras pour le consoler…

Pas d’argent, pas d’intrusion dans la vie personnelle

Un prénom

Un lieu

La nature du problème en peu de mots : leucémie – radio thérapie – allergie sévère – forte fièvre. etc.

Et nous faisons circuler L E A comme nous pouvons par nos lecteurs

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10 octobre 2017

penser, mais penser de multiples voies

L'ethnologie est fondée sur le postulat de l'unité psychique de l'humanité. Cependant, autant le cerveau humain se révèle physiologiquement identique par-delà les continents, autant la pensée trouve des façons différentes d'opérer de culture à culture à partir de ce même organe. Ainsi, les caractères japonais syllabiques hiragana et katakana et les idéogrammes, kanji, dirigent la pensée des Japonais vers des associations à composante visuelle absentes de nos écritures syllabiques. La façon dont raisonnent les Athéniens du IVe siècle avant Jésus-Christ demeure dans ses grandes lignes la nôtre. Notre mode de raisonnement semble figé depuis 2500 ans. Les principes qui autorisèrent la science et la technologie étaient déjà acquis sous leur forme quasiment moderne par Platon et Aristote. Ce sont les scolastiques si souvent décriés qui feront progresser dans les parties de la conceptualisation qui nous étaient encore nécessaires. La linguistique scolastique semble plus sophistiquée que la nôtre selon Jakobson.

 

Comprendre comment l'homme pense semble donc bien être à la portée de l'homme pensant, sans qu'il soit nécessaire pour cela de mobiliser un matériel de laboratoire sophistiqué. Le laboratoire permet toutefois la quantification. Elle rassure les athées dans les domaines où la raison leur semblerait perdre pied.

 

Vérité et réalité se sont constituées en un noyau dur de nos croyances. Or, la Chine archaïque adopta d'autres critères dans son appréhension du monde, et des notions telles que la « vérité » et la « réalité » lui demeurèrent étrangères au sein du cadre de référence qu'elle s'était offert.

 

Notre science a créé le mythe de la Réalité-objective. Les scientifiques considèrent l'ensemble des mythes théologiques fondés sur des croyances intraduisibles en hypothèses testables demeure comme à exclure du domaine de la connaissance légitime. Pourquoi et comment refuser de mathématiser Dieu et de le traduire sous forme d'équations?

Sans quitter Platon et Aristote ni entrer dans une forme des scepticismes des sophismes, l’argument justifié par « dieu ou dieux seraient, par définition du domaine de l’inconnaissable » méritera un détour !

La précondition du « miracle grec » était celle d'une langue du type du grec ancien, permettant d'établir entre des concepts des relations aussi bien antisymétriques « (la souris est un rongeur ») que symétriques « (le chat et ses moustaches »).

Il fallait que soit défini comme critère d'un discours valide qu'il se poursuive sans se contredire, comme le réclamaient les philosophes présocratiques et Socrate lui-même.

Il fallait un penseur qui codifie les principes qui autorisent une suite de propositions à s'enchainer sans se contredire (ce fut l'œuvre d'Aristote).

Il fallait que d'autres penseurs mettent en évidence les contradictions qui peuvent apparaitre entre les conclusions de deux discours pourtant chacun non contradictoires (les sophistes).

Il fallait qu'un penseur propose une condition de rechange à la validité d'un discours : celle de la vérité de ses énoncés envisagés isolément (Platon fit cette proposition dans Le Sophiste). La question de la vérité conduit au postulat d'une réalité « objective ».

Ainsi, nous sommes arrivés à la construction de la « science » en tant que description vraie et non contradictoire du monde postulé, donc au mythe, de la Réalité-objective.

 

Thèse, antithèse, synthèse

Prenez les différents représentants de ces différents points de vue et conduisez-les à faire front aux objections des penseurs, vous obtenez le problème de l’argumentation et du processus d’expression de la pensée, le système Thèse, Antithèse, Synthèse offre une solution.

Le processus est secoué par la mécanique quantique.

 

En fait, d’autres solutions étaient possibles et liées aux futurs contingents ou à la matérialité des concepts abstraits. Si vous éliminez le futur et l’abstraction, vous obtenez la pensée dite scientifique.

02 octobre 2017

les notions de vérité et de réalité sont nés le...

Les notions de « vérité» et de « réalité» (objective) sont apparues à des moments précis de l'histoire de la culture occidentale. Elles sont totalement absentes du bagage conceptuel de certaines autres, en particulier de la culture chinoise traditionnelle.

 

La « vérité» est née dans la Grèce du IVe siècle avant Jésus-Christ, et la « réalité» (objective), dans l'Europe du XVIe siècle. L'une découle de l'autre: à partir du moment où s'impose l'idée d'une vérité, dire la vérité revient à décrire la réalité telle qu'elle est.

 

Platon et Aristote imposèrent la vérité comme le moyen de dépasser les objections sceptiques de leurs adversaires sophistes. Dans le débat qui les opposa à ceux-ci, ils déplacèrent le critère de validité d'un discours. Ce dernier passa de l'absence d'auto-contradiction dans son développement à la validité de ses propositions individuelles. Cela transforme la notion jusque-là polémique du « vrai » en principe épistémologique de la « vérité». La distinction établie à cette occasion par Aristote entre l'analytique, qui permet la démonstration scientifique à partir de prémisses vraies, et la dialectique, qui permet l'argumentation juridique ou politique à partir de prémisses vraisemblables (les «opinions généralement admises »), autorisa un cessez-le-feu idéologique dans le débat avec les sophistes et avec les courants sceptiques en général (l'analytique et la dialectique seraient ultérieurement regroupées sous l'appellation de logique).

 

Proclus appelle « discursion[1] » le monde où la vérité trouve à se déployer. Il le situe au sein de l'esprit humain, où il constitue un espace de modélisation dont l'outil de prédilection est mathématique.

 

Sous la férule de l’Eglise, le savoir certain a eu deux composantes: l'enseignement d'Aristote et les Écritures.

Les mathématiciens créateurs de modèles ne pouvaient accepter ces exigences conceptuelles. 

A la renaissance, ils proposent que leurs modèles ne résident pas dans la discursion, dans l’esprit humain, mais au sein d’une réalité-objective.

 

Aux XVIe et XVIIe siècles, Copernic, Kepler et Galilée, inventent la Réalité-objective en assimilant les disciplines scolastiques[2] de 1'« astronomie» (en inculquant la preuve analytique[3] en matière de cosmologie sous la forme de modèles mathématiques) et de la «physique» (en inculquant la preuve dialectique[4] sur les mêmes questions à partir de tout le savoir mobilisable à leur propos). La distinction entre le «réel» et un «espace de modélisation» fut sacrifiée lors de cette fusion et constitua dès lors une source permanente de confusion dans l'explication.

 

Le coup de force[5] épistémologique des astronomes permet d’évacuer l’opinion des docteurs de l’Eglise. C’est faire accéder des modèles situés jusque-là dans l'imagination humaine à un statut privilégié, celui de représentation fidèle de la réalité ultime du monde, jugée auparavant inconnaissable. Aristote avait proposé une méthode qui permet au raisonnement de conserver sa validité.

 

L'accession des mathématiques au statut de description du réel véritable lève les contraintes de rigueur de la méthode de raisonnement, puisqu'il s'agit désormais de rendre compte d'un objet auquel on reconnait une existence réelle. Tous les modes de la preuve, du plus fiable au plus faible, seraient désormais utilisés sans discrimination dans la démonstration mathématique.

 

Toutes les langues n'ouvrent pas au raisonnement une capacité de se poursuivre à l'infini. La langue permet deux types de relations entre notions au sein d'une phrase: la première, symétrique, ou «connexion simple ». Elle utilise le verbe avoir. Elle consiste en des juxtapositions « le chat et ses moustaches ». La seconde sera antisymétrique et utilise le verbe être, d'« appartenance » ou d'« inclusion» « la souris est un rongeur».

Comment, dans les mentalités dites primitives, appréhender le monde à l'aide d'un univers de mots quand la relation antisymétrique n’est pas utilisée. Le principe qui préside au regroupement de notions n'est pas, comme chez nous, celui de la ressemblance visible, mais celui de la similarité de la réponse affective.

La phrase « les oiseaux sont des jumeaux » reste pour nous dans une relation d’inclusion. Pour le peuple Nuer, les connexions sont une connexion simple : jumeau a (de l’)oiseau et « oiseau a (du) jumeau ».

 



[1] Action de discourir, discours, divagation"

[2] Théologie, philosophie, logique enseignées au Moyen Âge dans les universités et les écoles, qui avaient pour caractère essentiel de tenter d'accorder la raison et la révélation en s'appuyant sur les méthodes d'argumentation aristotélicienne : Josué pouvait ainsi arrêter la course du soleil.

[3] « Analytique » a au moins trois sens, selon Universalis.

 

1. Au sens large, une proposition est dite analytique si elle est vraie en vertu de la signification des termes qu'elle contient. La simple considération des significations suffit à donner l'assurance de sa vérité. À ce sens se rattachent le nominalisme de Hobbes, pour qui la vérité nécessaire est telle qu'une proposition analytique est vraie en vertu de conventions linguistiques, mais aussi la position de Russell : la proposition analytique est vraie a priori, elle porte sur l'universel, c'est-à-dire sur des significations.

 

2. Chez Aristote, le prédicat des propositions analytiques est rattaché au sujet par un lien interne. Selon Leibniz et Kant, une proposition analytique est une tautologie, un exemple de la loi de non-contradiction, sa négation constituant une contradiction explicite. Mais, si pour Leibniz toute vérité est analytique et se laisse ramener à l'identité (aussi bien les vérités de fait que les vérités de raison), Kant distingue, parmi les jugements susceptibles de vérité, les jugements analytiques et les jugements synthétiques : « Les jugements sont analytiques quand la liaison du prédicat au sujet y est pensée par identité [...], quand le prédicat appartient au sujet comme quelque chose qui est contenu implicitement dans son concept. » Ce sont « des jugements explicatifs qui n'étendent pas nos connaissances », à la différence des jugements synthétiques dont le prédicat n'entre pas dans la compréhension du sujet.

 

3. Pour Frege, Wittgenstein et les logiciens modernes, une proposition analytique est une vérité de la logique ou est réductible à une vérité de la logique à l'aide de définitions. Pour établir la preuve d'une proposition analytique, il suffit d'une double référence aux significations et aux lois logiques générales.

 

On notera la coïncidence habituelle des distinctions : analytique/synthétique, a priori/empirique, nécessaire/contingent. Selon Kant, l'existence de jugements synthétiques a priori est une condition de possibilité des sciences : grâce à eux, la connaissance progresse tout en revêtant les propriétés de l'universalité et de la nécessité. Mais, pour les modernes, en particulier pour les néo-positivistes, il n'y a pas de jugement synthétique a priori : toute proposition valide a priori est analytique, c'est-à-dire que sa vérité ne dépend que des propriétés du langage ; une nette distinction est maintenue ici entre l'aspect analytique de ce qui vient du langage et l'apport synthétique de la sensation.

[4] Selon Universalis, le terme « dialectique » dérive du mot composé grec διαλ́εγειν (dialegein), qui indique dès le départ que son sens n'est pas simple. La signification la plus courante de λ́εγειν, c'est « parler » et le préfixe δια indique l'idée d'un rapport ou d'un échange. La dialectique est donc, d'après l'étymologie, un échange de paroles ou de discours, c'est-à-dire une discussion ou un dialogue ; comme forme de savoir, elle est alors la technique du dialogue, ou l'art de la dispute, tel qu'il a été développé et fixé dans le cadre de la pratique politique propre à la cité grecque.

 

Il convient tout de suite de remarquer que ce sens renvoie à une tradition trop particulière, que la valeur qu'il attribue à l'idée de dialectique reste faible et doit être renforcée par une analyse philosophique, qui mettra en évidence des significations très différentes. On peut cependant retenir de cette analyse étymologique du mot deux éléments très généraux : la dialectique met en jeu des intermédiaires (dia) ; elle a rapport au Logos, qui n'est pas seulement pour les Grecs le discours ou la raison, mais un principe essentiel de détermination du réel et de la pensée.

 

La catégorie de dialectique est surtout une catégorie technique de la philosophie : on ne peut s'attendre à la rencontrer que dans le cadre de systèmes philosophiques déterminés, pourvue à chaque fois d'une définition particulière. Commençons par prélever dans l'histoire de la philosophie les grandes définitions de la dialectique. Platon : « Le dialecticien est celui qui aperçoit la totalité (συν́οπτικος) » (La République, VII, 537c). Aristote : « Le dialecticien est l'homme capable de formuler des propositions et des objections » (Topiques, VIII, 14, 164b3). Descartes : « C'est la dialectique, puisqu'elle nous enseigne à traiter de toutes choses, plutôt que la logique qui donne des démonstrations de toutes choses. Elle ruine ainsi le bon sens plus qu'elle ne le constitue, car tandis qu'elle nous détourne et nous égare dans ces lieux communs et ces divisions qui sont extérieurs [...]

[5] L'épistémologie (du grec ancien ἐπιστήμη / epistếmê « connaissance vraie, science » et λόγος/lógos « discours ») peut désigner deux concepts : dans le monde francophone : l'étude critique des sciences et de la connaissance scientifique ; dans le monde anglo-saxon : l'étude de la connaissance en général.

25 septembre 2017

03 Espace physique et domaine quantique

Nouvelles notes de lecture sur l’univers quantique

 

L’espace physique ou espace du comportement des objets macroscopique, le corps humain inclus, est aussi l’espace de la physique macroscopique.

L’espace physique ou espace des sensations et de la perception donc l’espace géométrique, topologique et métrique, il est reconstruit intellectuellement à partir du monde des sensations-perceptions.

La physique dite classique puis la physique relativiste s’élaborent sur l’espace de la géométrie. Elle en fait le cadre de référence des phénomènes physiques.

 

Le domaine quantique accorde aux éléments quantiques une consistance propre, donc ils possèdent des propriétés physiques, donc ils sont réels.

Le domaine quantique implique le point de vue quantique qui fait abstraction de l’observateur ou sujet perceptif et des moyens dont il dispose pour obtenir des éléments de perception qui établiront une connaissance intellectuelle du domaine.

Le domaine quantique implique une description théorique d’un système qui sera physique, elle se rapporte aux phénomènes du monde physique et qu’il n’est pas utile de recourir à une observation ou perception externes qui resteraient liées à l’homme.

 

 

L’école de Copenhague affirment que les propriétés des systèmes quantiques sont tributaires des moyens de leur approche par les appareils classiques de mesure, lesquels reposent sur les concepts et théories de la physique classique.

 

Les phénomènes et les systèmes quantiques impliquent une critique de l’espace tel que la physique classique et relativiste le considère, exemple, l’espace lié au temps de la théorie de la relativité.

La relativité (restreinte ou générale) considèrent les systèmes physiques comme sous-tendus par la notion de points matériels individuels localisés dans cet espace-temps, liés entre eux par une relation de causalité spatio-temporelle.

 

La critique de l’espace est de fait une critique du concept d’objet-dans-l’espace

-         Relations d’indétermination

-        Dualité onde – corpuscule, les diffraction et interférences impliquent une extension dans l’espace des objets physiques.

-        Non-localité des systèmes quantiques

-        Non-séparabilité locale de systèmes ayant interagi dans le passé

-        Indiscernabilité des particules identiques fermions ou bosons qui composent un système quantique.

-        Problèmes liés à l’approche statistique et sur la signification des systèmes quantiques individuels.

 

Notre concept d’espace physique nous vient de notre connaissance des propriétés des objets macroscopiques donc non quantiques.

Rien ne nous assure qu’il soit encore pertinent dans le domaine atomique et infra-atomique.

L’élaboration de la physique quantique continue de faire appel au concept d’espace physique comme concept générateur et comme concept classique.

 

La pensée physique s’appuie sur la notion d’espace.

Descartes et les idées innées vs Locke et les idées qui proviennent des sensations.

Kant et l’espace et le temps comme formes intuitives a priori de la sensibilité.

La notion d’espace s’est constituée comme « espace perceptif » et « représentatif » à partir des données de la perception, qui tiennent à notre constitution physiologique et neuropsychologique mettant en jeu les différents sens.

Cet « espace représentatif », obtenu par la coordination des différents espaces perceptifs, n’est ni homogène et isotrope ni à trois dimensions, si ces dimensions sont à rapporter aux différents paramètres  qui font la perception.

Ces dimensions sont d’origine physique et physiologique. Elles résultent de l’organisation spatiale des organismes vivants supérieurs. Elles semblent suivre les orientations naturelles dues à la pesanteur, à la locomotion (haut-bas, avant-arrière), et à une asymétrie droite-gauche.

 

L’espace géométrique, qui s’est constitué par les opérations de l’entendement à partir de l’espace représentatif, il peut être considéré soit comme espace métrique, soit comme espace topologique. A partir de lui, sont définies les grandeurs et les figures de la géométrie.

 

Changement de perspective, une dissociation s’est opérée entre la géométrie purement mathématique, et la géométrie de l’espace physique. Einstein l’utilise et nous propose un espace physique de référence qui nous laisse accéder à la cinématique et nous libère de l’espace euclidien.

 

L’espace en physique comme en géométrie est un concept construit mathématiquement à l’aide de grandeurs appropriées à sa structure et à ses propriétés, qui concernent les entités physiques définies dans l’espace.

 

Il est légitime de supposer que les rapports métriques de l’espace dans l’infiniment petit ne sont pas conformes aux hypothèses de la géométrie.

 

La  pensée physique, et la mathématisation de la physique à travers la notion de grandeur d’expression mathématique, ont toujours été, jusqu’à la théorie de la relativité générale inclue, tributaires d’une pensée de l’espace. Elles nous rappellent que les phénomènes physiques et les systèmes (ou corps) physiques qui en sont le siège ou la source sont, en général, pensés dans l’espace, même s’ils ont contribué à modifier la pensée de l’espace et à réformer notre « intuition spatiale ».

 

Les conceptions des systèmes physiques et des phénomènes dont ils sont le siège ou l’origine ont été tributaires d’une pensée de l’espace.

L’illimité ou ce qui n’a pas de bornes, ce qui appartient aux rapports d’étendue (topologiques).

L’infini ou ce qui appartient aux rapports métriques.

 

La physique « classique » pense dans l’espace et pense l’espace, comme elle pense dans le temps.

La physique quantique remet en question cette certitude.

Elle met la pensée de l’espace et dans l’espace devant un dilemme :

-        ou bien garder le concept d’espace physique existant, parce qu’il semblait naturel alors que c’est une construction.

-         ou bien admettre que les systèmes quantiques ont des propriétés, mais cela enlève à l’espace son rôle premier dans la représentation de ces systèmes.

 

En fait, nous sommes conditionnés, encore conditionnés, à penser la physique dans l’espace « classique ».

L’espace quantique fait référence à des systèmes macroscopiques et microscopiques. Comment une telle pensée de l’espace est-elle possible ?

Un inventaire des modifications du concept d’espace requises par la description physique des systèmes quantiques semble ici nécessaire.

Les systèmes macroscopiques sont constitués de systèmes quantiques, donc les propriétés macroscopiques pourraient relever des propriétés quantiques « pré-spatiales ».

Il y a nécessité de créer des concepts signifiants. Comment formuler théoriquement la formation et l’extension de l’espace physique des objets macroscopiques et du cosmos ?

 

Comment penser sans l’espace dont la représentation sert, selon Kant, de fondement à toutes les intuitions externes ?

Il est possible de penser un espace sans objet, mais comment se représenter un objet sans espace ?

Dans le même temps, la formulation de ces questions pose son piège puisque la pensée kantienne reste engluée dans l’espace absolu newtonien.

L’espace absolu newtonien affirme qu’il contient tous les corps et n’est pas affecté par eux. En réalité, l’espace newtonien n’est pas un concept mathématique ou physique. Il serait la base de nos sensations. Pour Kant, l’espace constitue une nécessité absolue pour concevoir les phénomènes.

 

L’espace cartésien est relatif aux corps, il constitue une propriété essentielle des corps.

L’espace newtonien est détaché des corps. Il est antérieur aux corps, donc Kant peut bâtir sa cathédrale de la raison sur la connaissance.

Comment construire un programme pour la connaissance sans mettre l’espace au premier rang ?

Cassirer a proposé de modifier « l’espace a priori de la sensibilité » en « fonction de spatialité ». De ce fait, les données quantiques devenaient compatibles avec les constructions des mathématiques et de la physique modernes.

 

Quels sont les privilèges de l’espace sur les notions liées à la perception ?

Notions de grandeurs intensives : chaleur, son, lumière, couleurs…

L’espace et le temps sont-ils des notions premières ? Sont-ils à l’origine des grandeurs extensives ? Les objets préhistoriques font supposer une représentation spatiale première.

Pour le temps est-ce une donnée première, mais le temps est-il seulement une combinaison mouvement et espace. Y a-t-il des combinaisons premières de notions premières difficilement dissociables ? Le temps est une combinaison mouvement espace et le mouvement est une combinaison espace-temps…

 

Le rationalisme de Kant permet de supposer possible de dépasser les limitations du sensible.

 

Un continuum espace-temps est-il compatible avec l’infiniment petit ?

Faut-il éliminer les « fonctions continues ».

Pouvons-nous renoncer à faire usage du continuum espace-temps ?

Pouvons-nous utiliser une théorie du discontinu ?

Pouvons-nous substituer à l’ordre selon l’espace-temps un ordre différent ?

 

Les raisonnements portent sur les grandeurs du « formalisme » de la théorie quantique, considérés de fait comme significatifs du point de vue physique, et fonctionnant comme les véritables éléments de la pensée physique, de la théorie à l’expérience.

Est-ce la bonne version pour parvenir à prédire ce qui est constaté ?

L’association de la théorie quantique des champs et de l’équation de Dirac permet de fournir les propriétés d’une désintégration β du neutron par exemple. Mais au final, les expériences donnent des effets macroscopiques donc liés à la physique classique. Il est ainsi possible de percevoir le passage du monde quantique au monde macroscopique.

 

Les concepts de la physique classique sont l’onde, le corpuscule, la position, l’impulsion etc.

Les concepts du domaine quantique s’expriment par leur dualité, des relations d’incertitude ou d’inégalités.

La relation d’un pensé du monde quantique aux impressions sensibles reste indirecte. Cette relation demande d’autres médiations pour atteindre nos sens lesquels constituent la source première de nos connaissances. Nous avons besoin de concepts, d’une épistémologie spécifique pour établir un mode de représentation accessible.

Difficile de présenter une conception de la physique quantique qui permette l’observation tout en restant subjective : l’observation comme référent de la théorie et le principe de réduction de la mesure font-ils bon ménage ?

Quel sont les éléments du ménage conception objective et réaliste du domaine quantique pour penser l’univers ?

Les grandeurs du « formalisme quantique » sont-elles des grandeurs mathématiques, ou des grandeurs physiques, mathématisées, comme on le considère pour les autres théories physiques ? L’opposition observationnalisme – réalisme est dépassée par la nécessité de garantir un caractère physique approprié d’une grandeur formulée mathématiquement.

 

L’intelligibilité du « monde quantique » se trouve simplifiée par l’adoption du point de vue selon lequel il est légitime de parler d’un « domaine quantique » propre. Elle demande, pour cela, un examen des divers aspects de la représentation théorique, concordants avec la connaissance expérimentale des phénomènes, et des problèmes d’interprétation qui leur sont reliés.

le concept d’état et de fonction, ou vecteur, d’état et les grandeurs dynamiques appelées « observables » ; la non-séparabilité locale ; le rapport entre état quantique et probabilités et la double signification de ces dernières (théorique et statistique) ; le rapport entre les domaines quantique et classique ; la pensée théorique de la physique emmenée par les formes mathématiques, pour aboutir à une représentation légitimement physique ; le problème de l’espace physique, vu du monde quantique (objet du présent exposé) ; la décohérence et la mesure ; puis le problème de la gravitation quantique et de la matière de la cosmologie.

Des grandeurs physiques exprimées mathématiquement sont légitimées par l’intelligibilité qu’elles procurent dans un domaine physique donné par l’expérience des phénomènes.

 

Il est possible de concevoir une extension de sens de la notion de « grandeur physique. Le domaine quantique aurait alors ses objets, mais le genre de réalisme ici considéré est le réalisme critique, celui de constructions symboliques pour représenter la « réalité » et conçu comme un programme pour l’élaboration scientifique.

 

Limitations que la théorie quantique semble obliger à mettre au concept d’espace : probabilité de présence et non pas localisation certaine ; absence de trajectoire définie ; inégalités de Heisenberg entre la position et l’impulsion ; caractère étendu, c’est-à-dire non local, d’un système quantique capable d’interférer avec lui-même dans un dispositif de diffraction ; indiscernabilité des identiques qui gouverne des comportements collectifs comme s’il s’agissait d’« influences à distance » ; non localité et corrélations quantiques à distance (ou non séparabilité locale des systèmes quantiques)

 

En fait, ces limitations sont liées à la nécessité d’une référence à l’observation et au manque de ressources pour accepter le « domaine quantique ».

 

Vieux problème, la divisibilité de l’espace en points élémentaires.

La position spatiale d’un système quantique n’est attribuable que de manière contextuelle. Elle est soumise à des limitations et à des conditions. Elle ne fait pas partie des concepts propres des systèmes quantiques ; pour la préciser il est nécessaire de donner les circonstances relatives auxquelles elle est conditionnée.

 

Les propriétés du domaine quantique sont autodéfinies. Les mêmes propriétés sont considérés dans un espace donné, celui de la physique relativiste et de la cosmologie, celui où ils se propagent ; celui où ils s’assemblent pour former des « unités macroscopiques » définis spatialement.

 

La pensée de certains systèmes quantiques et leur agrégation en grand système font penser à  la constitution de l’espace dans une cosmogenèse, sans espace préexistant. L’espace parait au fur et à mesure du déploiement de l’univers. À ceci près, cependant, que la cosmologie quantique suppose toute la matière concentrée, sans espace ou quasiment, avant son déploiement dans l’espace, la notion qui est ici en cause étant celle d’espace comme contenant.

Cet engendrement de l’espace et du temps se fait par différenciation des états physiques et découplage progressif des interactions, sauf l’interaction gravitationnelle.

En considérant l’état actuel de l’Univers, l’espace physique (et le temps), issus de cette genèse, nous sont donnés, et les systèmes quantiques élémentaires s’y propagent, et parfois s’y agrègent en se localisant. On doit constater cet état de choses, sans bien savoir comment raccorder cette coexistence de deux types d’« objets physiques » aussi différents que des systèmes quantiques, pour lesquels le concept d’espace reste étranger à leur définition, et de l’espace vide environnant, dans lequel ils « existent ».

 

La possibilité d’étudier effectivement des « particules quantiques » individuelles, qui était niée dans une perspective strictement opérationaliste, est désormais acquise comme un fait d’expérience.

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22 septembre 2017

Conférence partages

Les cabossés de la vie


De la Souffrance à la Renaissance

Souffrances par l’accident ; par choix dans l’amour ; par absence d’une partie du corps

Moments de partage par des Martinistes, des Invités…

 

Le 20 octobre, à 19 h précises

Restaurant le bon coin place de l’église.

Sailly-sur-la-Lys

 

 

Vivre pour accepter de renaitre. Tirer profit des drames et des joies.

Apprendre à dire. Accueillir dans l’écoute. Retrouver l’émerveillement.

Découvrir le chemin du Martinisme pour vivre une nouvelle espérance et la joie.

 

 

L’association CRPTrad ouvre ses portes pour vous proposer un parcours dans vos propres difficultés et vous offrir un autre regard sur ces cabosses de nos voies.

 

Comment métamorphoser nos ratages apparents et discerner notre cœur aimant ?

Nous parlerons.

 

 

 

Nous découvrir sur la toile

https://soundcloud.com/crptrad

http://crptrad2017.canalblog.com/

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Etc.

L’initiation par le rêve, éditions Planquart, 1 rue des moulins de Garance 59000 Lille

ABC de la Voyance, éditions Grancher, 98 Rue de Vaugirard, 75006 Paris

Etc.

Sur la toile, la vie ésotérique au XIXe siècle : les décennies Saint-Martin

 

Et pour ceux qui ont un cœur empli de tendresse ou de besoin

Le câlin du sourire.

 

Bon de réservation

 

Nom Prénom ……………………………………..

Assistera à la conférence et participera au repas (la salle nous est louée contre ce repas)

 

Avec … personnes

 

Réservation nécessaire pour le restaurant : chèque de 22 euros par personne à l’ordre du bon coin.

Adressez votre chèque au CRP M. MARIETTE 13, rue La Pérouse, 62290 Noeux les Mines

Pour le 15 octobre dernier délai, il sera possible de se désister jusqu’au 18 octobre.

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20 septembre 2017

Notes de lecture physique quantique 15

 

 Assis dans l'amphithéâtre bondé de l'institut de physique, Heisenberg écouta sans broncher jusqu'au bout l'exposé de Schrödinger, intitulé « Nouveaux résultats de la mécanique ondulatoire » Pendant la séance de questions et de réponses qui suivit, il fut en proie à une agitation grandissante et finalement ne put garder le silence. Il se leva donc, et tous les regards étaient fixés sur lui, car tout le monde attendait de savoir ce qu'il aurait à dire. La théorie de Schrödinger, fit-il remarquer, ne pouvait expliquer ni la loi du rayonnement de Planck, ni l'expérience de Franck-Hertz, ni l'effet Compton, ni l'effet photoélectrique, qui tous ne pouvaient s'expliquer sans la discontinuité et les sauts quantiques - les concepts même que Schrödinger cherchait à éliminer.

Certains membres de l'auditoire exprimaient déjà leur désapprobation devant les remarques d'un jeune homme de vingt-quatre ans, et Schrödinger allait répondre, lorsque Wien, agacé, se leva et intervint. Le vieux physicien, raconta plus tard Heisenberg à Pauli, «m'a presque mis à la porte de l'amphi.

 

 Einstein avait été le premier à introduire les probabilités dans la physique quantique en 1916 lorsqu'il fournit l'explication de l'émission de quanta de lumière quand un électron sautait d'un niveau d'énergie à une autre. Dix ans plus tard, Born avait avancé une interprétation de la fonction d'onde et de la mécanique ondulatoire qui pouvait rendre compte du caractère probabiliste des sauts quantiques. Elle avait un prix qu'Einstein n'était pas disposé à payer- la renonciation à la causalité.

En décembre 1926, Einstein avait exprimé son inquiétude grandissante devant le rejet de la causalité et du déterminisme dans une lettre à Born. « La mécanique quantique est certes imposante. Mais une voix intérieure me dit que ce n'est pas encore la réalité. Cette théorie a beau être très parlante, elle ne nous rapproche pas vraiment du secret du ''Vieux". Moi, en tout cas, je suis convaincu qu'Il ne joue pas aux dés » Tandis que les positions se précisaient sur le champ de bataille quantique, Einstein inspira, sans le savoir, une autre percée stupéfiante, l'une des plus importantes et des plus profondes réussites de l'histoire des quanta, le principe d'incertitude.

 

-281- «c'est une grande erreur que d'essayer de fonder une théorie sur les seules grandeurs observables. En réalité, c'est exactement le contraire qui se produit. C'est la théorie qui décide de ce que nous pouvons observer ». Einstein

 

Presque un siècle auparavant, le philosophe français Auguste Comte avait soutenu que, si toute théorie doit se fonder sur l'observation, l'esprit a également besoin d'une théorie pour effectuer des observations. Einstein essaya d'expliquer que l'observation était un processus complexe impliquant des présuppositions sur les phénomènes qui sont –278- utilisées dans les théories. « Le phénomène observé détermine certains événements dans notre dispositif de mesure, dit Einstein. Ce qui introduit de nouveaux processus dans ce dispositif, lesquels, par des cheminements complexes, finissent par créer des impressions sensorielles et contribuent à en fixer les effets dans notre conscience » « Ces effets, affirmait Einstein, dépendent de nos théories. Et dans votre théorie, dit-il à Heisenberg, vous supposez très manifestement que tout le mécanisme de la transmission de la lumière, depuis l'atome en vibration jusqu'au spectroscope ou l'oeil humain, fonctionne exactement comme il est censé le faire depuis toujours, c'est-à-dire essentiellement selon la loi de Maxwell. Si ce n'était plus le cas, vous ne pourriez plus observer aucune des grandeurs que vous qualifiez d'observables » «Votre assertion selon laquelle vous n'introduisez que des grandeurs observables est par conséquent une hypothèse portant sur une propriété de la théorie que vous essayez de formuler » «J'étais totalement déconcerté par l'attitude d'Einstein, bien que je trouve ses arguments convaincants », avoua plus tard Heisenberg

 

Quand il était encore à l'Office des brevets, Einstein avait étudié l'oeuvre du physicien Ernst Mach, pour qui le but de la science n'était pas de discerner la nature de la réalité, mais de décrire des données expérimentales - les «faits» - aussi succinctement que possible. Tout concept scientifique devait être compris sous l'angle de sa définition opérationnelle - une prescription de la manière dont il pouvait être mesuré. C'est effectivement sous l'influence de cette philosophie qu'Einstein contesta les concepts, établis de longue date, d'un espace et d'un temps absolus. Mais un Einstein plus mûr et plus sage avait depuis longtemps abandonné la démarche de Mach, comme il l'expliqua à Heisenberg, parce qu'elle « néglige pour ainsi dire le fait que le monde existe réellement, que nos impressions sensorielles sont fondées sur quelque chose d'objectif ».

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11 septembre 2017

Notes de lecture physique quantique 14

Alors que Schrödinger renonçait à l'existence des particules, Born, dans sa tentative pour les sauver, proposa une interprétation de la fonction d'onde qui mettait en question un dogme fondamental de la physique - le déterminisme. L'univers newtonien est purement déterministe et ne laisse aucune place au hasard. En physique classique, une particule possède à un instant donné une quantité de mouvement et une position définies. Les forces qui agissent sur la particule déterminent la manière dont sa quantité de mouvement et position varient avec le temps. La seule manière dont des physiciens comme James Clerk Maxwell et Ludwig Boltzmann puissent rendre compte des propriétés d'un gaz consistant en un grand nombre de telles particules était de recourir aux probabilités et de se contenter d'une description statistique. Cette retraite forcée dans l'analyse statistique venait de la difficulté qu'il y a à suivre les mouvements d'un nombre aussi gigantesque de particules. Les probabilités étaient une conséquence de l'ignorance humaine dans un univers déterministe où tout se déroulait conformément aux lois de la nature. Si l'état présent d'un système quelconque et les forces agissant sur lui sont connues, alors ce qui lui arrivera dans l'avenir est déjà déterminé. En physique classique, le déterminisme est relié par un cordon ombilical à la causalité - tout effet à une cause. Comme dans une collision entre deux boules de billard, l'électron qui percute un atome peut être dévié dans presque toutes les directions. Toutefois, là s'arrête la similitude, -269- soutint Born en énonçant un principe surprenant. Dans le cas d'une collision atomique, la physique ne pouvait répondre à la question « Quel est l'état après la collision ? » mais seulement à la question « Quelle est la probabilité d'un effet donné de la collision ?55 ». « C'est ici que réside tout le problème du déterminisme »,avoua Born. Il était impossible de déterminer exactement où était l'électron après la collision. Le mieux que la physique puisse faire, selon Born, était de calculer la probabilité qu'un électron soit dévié d'un certain angle. Tel était le « nouveau contenu physique » de Born et il s'articulait entièrement autour de son interprétation de la fonction d'onde.

La fonction d'onde elle-même n'a pas de réalité physique; elle existe dans le domaine mystérieux et fantomatique du possible. Elle traite de possibilités abstraites, comme tous les angles possibles sous lesquels un électron pourrait être dévié à la suite d'une collision avec un atome. Il y a vraiment un monde de différence entre le possible et le probable. Born soutint que le carré de la fonction d'onde, un nombre réel et non un nombre complexe, habite l'univers du probable. Porter la fonction d'onde au carré ne donne pas la position réelle de l'électron, mais seulement la probabilité – les chances- qu'il aura d'être ici plutôt que . Par exemple, si la valeur de la fonction d'onde d'un électron en X est le double de sa valeur en Y, alors la probabilité qu'il soit en X est quatre fois plus grande que la probabilité qu'il soit en Y. L'électron pourrait se trouver en X, en Y ou ailleurs.

 

Born avouait: «J'ai moi-même tendance à abandonner le déterminisme dans le monde atomique59• » Or, tandis que «le mouvement des particules obéit à des règles de probabilité», Born fit remarquer que « la probabilité elle-même se propage suivant la loi de la causalité.

 

La« probabilité quantique», faute d'un terme plus parlant, n'était pas la probabilité classique de l'ignorance qui pouvait théoriquement être éliminée, mais une caractéristique intrinsèque de la réalité atomique. Par exemple, le fait qu'il soit impossible de prédire quand un atome individuel se désintégrerait dans un échantillon radioactif en dépit de la certitude qu'il y en aurait un qui le ferait n'était pas dû à une connaissance imparfaite, mais au résultat de la nature probabiliste des règles quantiques gouvernant la désintégration radioactive.

Schrödinger réfuta l'interprétation probabiliste de Born. Il n'admettait pas qu'une collision d'un électron ou d'une particule alpha avec un atome soit «absolument accidentelle», c'est-à-dire «complètement indéterminée61 ». Car, si Born avait raison, il n'y avait pas moyen d'éviter les sauts quantiques et la causalité était menacée une fois de plus.

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04 septembre 2017

un soupçon de soufisme

LE SOUFI MAROCAIN AHMAD IBN’AJIBA (1747-1809) ET SON MI’RAJ, glossaire de la mystique musulmane, par Jean-Louis MICHON, Paris, 1973.

 

Dans la collection « Études musulmanes » publiée par la librairie VRIN est paru un volume qui, comme plusieurs de ceux qui l’avaient précédé (L’Essai sur les origines du lexique technique de la mystique musulmane de L. Massignon, et Akhbar Al-Hallâj du même auteur ; Mystique musulmane de L. Gardet et G. C. Anawati), apporte une importante contribution à la connaissance de l’ésotérisme en pays d’Islam.

 

Dans la partie introductive de cet ouvrage, il est rappelé que l’ésotérisme musulman ou Soufisme (at-tasaw-wuf) se présente comme un art et comme une science. Il est « art »par les moyens qu’il utilise, y compris les expressions techniques (istilâhat), qui lui permettent de consigner ses expériences et de les communiquer à autrui ; il est « science »parce qu’il se propose d’explorer et de connaitre non seulement certains aspects du réel, mais la Réalité intégrale (al-haqîqa). La connaissance des instruments lexicographiques que nous ont laissés les Soufis est donc indispensable à la compréhension de leur doctrine. C’est précisément en compulsant un petit glossaire de termes soufiques : le Mi’râj at-tashawwuf ilâ haqâ’iq at-tasawwuf (« L’Ascension du regard vers les réalités du Soufisme ») composé par un maitre marocain que M. J.-L. Michon fut amené à s’intéresser à l’auteur de ce recueil.

 

 

La monographie qu’il lui a consacrée présente les résultats d’une enquête systématique qui a été menée notamment au Maroc, sur les lieux où Ibn’Ajîba avait vécu et où son message survit parmi ses descendants et héritiers spirituels. Elle comprend d’abord une partie biographique, fondée principalement sur le dépouillement de témoignages contemporains et de l’autobiographie (Fahrasa) de l’auteur, dont J.-L. Michon a déjà présenté il y a quelques années, une traduction française (I). La deuxième partie contient des données chronologiques et

(1) Publiée dans ARABICA, XV, XVI, et en tiré à part à Leyde (1969), R. Du Pasquier en ayant donné un compte rendu dans nos colonnes.

[90]

 

— analytiques sur l’œuvre d’Ibn’Ajîba, ainsi que des extraits représentatifs de plusieurs ouvrages. La troisième partie est consacrée à l’analyse du Mi’râj et à sa traduction intégrale,

I. — Biographie

Abu’l-’Abbâs Ahmad B. Muhammad Ibn’Ajîba al-Hasanî, d’origine chérifienne, fut un des représentants les plus marquants de l’ordre ésotérique des Darqâwa, fondé vers 1780 par Mawlây al— » Arabî ad-Darqâwî. Né en 1747 ou 1748 dans un village des environs de Tétouan, il fit de solides études et devint imam à Tétouan où il enseigna pendant une vingtaine d’années les disciplines traditionnelles : théologie, droit canon, linguistique. Vers l’âge de 50 ans, sa vocation véritable lentement murie se cristallise : il s’affilie aux Darqâwâ et réalise une profonde rupture avec sa vie passée, se dépouillant de ses fonctions et de ses biens, revêtant le froc rapiécé des derviches, allant mendier et porter l’eau dans la ville, subissant même un emprisonnement. Investi de la fonction de guide spirituel, il s’en va prêcher le « retour à Dieu » dans la région des Jbâla où il fonde de nombreuses zaouïas. Il meurt de la peste le 15 novembre 1809, et sa dépouille est transportée au sommet d’une montagne, non loin de Tanger, dans un lieu où, chaque année, des « pauvres en Dieu » (fuqarâ) — ou initiés — se réunissent pour célébrer leurs danses sacrées.

 

II. — Œuvres

Ibn » Ajîba est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages dont certains, écrits avant son adhésion au soufisme, traitent de sujets exotériques, tandis que la majorité dispense, par voie allusive, un enseignement ésotérique. Ces derniers, les seuls qui semblent s’être conservés, révèlent de solides dons littéraires et pédagogiques : l’argumentation en est ferme, le style clair et imagé ; et l’érudition du fqih y est mise sans conflit, au service d’une expérience mystique originale. Ces qualités s’affirment particulièrement dans un Tafsir du Coran en 4 volumes, ainsi que dans des commentaires des « Sentences » (Hikam) d’Ibn » Atâ Allah d’Alexandrie, des « Recherches » (Mabâ-hith) d’Ibn al-Bannâ al-Tujîbî et de l’Ajurrûmiyya, traité de grammaire arabe. Des passages de ces œuvres sont traduits dans une anthologie qui contient aussi l’analyse et des extraits de deux petits traités, remarquablement structurés, exposant la doctrine de « l’Unité de l’Être »

(Wahdat al-Wujûd).

 

III. — Le Mi’râj

Ce recueil de définitions, outre sa valeur lexicographique, constitue un abrégé de doctrine soufique. Les 143 termes qui y sont commentés couvrent les étapes du chemin vers Dieu (états, stations, hiérarchies spirituelles) ainsi que les notions fondamentales de cosmologie et de métaphysique utilisées par l’ensemble des initiés musulmans. Ibn » Ajîba applique aux termes techniques une méthode d’interprétation « ascendante », selon trois plans superposés : degrés du vulgaire, de l’élite et des élus de l’élite, qui conduit le lecteur du sens littéral à la réalité la plus intime des notions envisagées.

 

En complétant sa traduction du Mi’râj par des notes, par une table de concordance (qui renvoie aux principales sources du lexique soufi) et par un index détaillé, M. Michon a voulu en faire un instrument de travail préliminaire en attendant la compilation, si souhaitable, d’un glossaire générai de l’ésotérisme musulman. On trouvera aussi dans l’introduction à cette monographie un résumé des fondements scripturaires et traditionnels du Soufisme et le rappel de quelques maillons importants de la « chaine d’or » de l’initiation soufique sur le sol marocain.

 

Léo Schaya.

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28 août 2017

Le temps des algorithmes

Gilles Dowek, Serge Abiteboul-Le temps des algorithmes-Le Pommier (2017)

Les algorithmes inquiètent

Les algorithmes sont devenus des ingrédients essentiels de nos vies professionnelles, de nos interactions sociales, de notre médecine, de notre industrie, de nos transports, de notre commerce, etc. Ils transforment les sciences exactes et les sciences humaines et contribuent ainsi à enrichir nos connaissances. Ils permettent à la technique de repousser sans cesse les limites du possible.

 

Certains algorithmes, tels le système d'exploitation d'un téléphone, un système de gestion de bases de données ou un moteur de recherche, sont des objets gigantesques, auxquels des milliers de personnes contribuent. Ils sont parfois comparés à des cathédrales, tant ils tiennent de la même ambition, de la même déraison.

[6]

Avec les algorithmes, Homo sapiens semble avoir enfin construit un outil à la mesure de ses aspirations.

 

Mais ces algorithmes inquiètent également. Le métier de facteur disparait : ce sont les algorithmes qui détruisent des emplois. Une compagnie d'assurances indemnise la victime d'un accident : c'est un algorithme cynique qui calcule le montant de cette indemnité. La Bourse plonge : ce sont les algorithmes de trading qui sont responsables de ce krach. Les lois restreignent les libertés publiques : c'est l'algorithme du gouvernement qui nous espionne. Des algorithmes battent les humains aux échecs ou au go : ce sont ces algorithmes intelligents qui bientôt nous gouverneront.

 

Pourquoi rendons-nous les algorithmes responsables des maux qui nous affligent ? Parce qu'ils bousculent nos habitudes ? Sans doute. Mais aussi parce que nous acceptons souvent de les utiliser, en ignorant ce qu'ils sont réellement et comment ils fonctionnent. Nos fantasmes et nos angoisses sont les conséquences de cette ignorance. Nous craignons les algorithmes parce que nous les voyons comme des êtres mystérieux, dotés de pouvoirs surnaturels, voire d'intentions maléfiques.

 

Pour nous libérer de cette pensée magique, pour séparer les espoirs légitimes des fantasmes puérils, les craintes justifiées des angoisses sans fondement, nous invitons la lectrice et le lecteur à une traversée de ce monde des algorithmes au cours de laquelle nous croiserons quelques-unes des grandes questions qui se posent à nous au temps des algorithmes : la transformation du travail, la disparition de la propriété, la protection de la vie privée, etc.

[7]

Les algorithmes peuvent conduire au pire ou au meilleur, mais nous ne devons jamais oublier qu'ils n'ont, en eux-mêmes, aucune intention. Ils ont été conçus par des êtres humains. Ils sont ce que nous avons voulu qu'ils soient.

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22 août 2017

mais quoi, ce sont des fous!

Mais quoi, ce sont des fous !
Dès lors, il n’y a plus à se préoccuper de leur fonctionnement mental, ils sont fous.
Il demeure pour la société de s’en protéger et de les soigner, surtout de ne pas s’interroger ou de ne pas se demander quelle est la nature de cette folie.

Mais quoi, ce sont des fous !
Leurs comportements s’expliquent par la folie.
Un homme « normal » ne commettrait pas de tels actes.

Pour la normalité en matière de psychologie humaine, nous pouvons nous référer à la cinquième mouture de la « bible » D. S. M. 5 des psychiatres. C’est l’outil d'évaluation des maladies mentales ?
La lecture reste autorisée à tout individu qui se suppose normal. Il en ressortira en se précipitant chez un psychiatre et demandera son enfermement physique ou chimique immédiatement.

Le passage vers cette folie affirmée se nomme: « la radicalisation ». Des individus « normaux » se radicalisent.
Clemenceau affirmait : les « collectivistes » se radicaliseront, en 1899.
Sartre en appelait aux marxistes pour radicaliser les masses, en 1949.
Le journal « la croix » voyait les antagonismes sociaux se radicaliser depuis 1968, en 1973.
Etc.

La folie permet un simple étiquetage. L’étiquette dispense de résoudre le problème. L’étiquette exonère d’une lecture d’un éventuel problème.

Devenir un héros, nous en rêvons volontiers. Quand l’héroïsme ne vient pas à nous, il reste à créer l’acte qui poserait le zéro en héros.
-    Obtenir un regard qui donne enfin l’existence à la personne par le personnage joué.
On me regarde, on parle de moi, on me chasse comme un animal dangereux, les médias citent mon nom, ils montrent enfin mon visage… j’existe.
-    Obtenir par mon comportement la considération de quelqu’un. Recevoir le sourire de la femme aimée ou d’une femme ou une femme, le compliment du chef, le titre d’accès à une noblesse, la médaille… j’existe.

Etc.
Notre société a besoin d’individus parfaitement normaux, mais cette normalité se définit par l’absence de caractère particulier.
Pour l’enseignant normal, le bon élève est l’élève qui lui renvoie une bonne image de son travail. Pour l’élève normal, ce sera être avec et comme les autres élèves.
Il est normal de considérer une femme comme objet qui favorise son propre viol.
Il est normal de voiler une femme.
Il est normal qu’une femme puisse se promener la poitrine nue comme un homme.
Il est normal de considérer le sexe mâle comme un sexe supérieur chez tous les mammifères.
Il est normal de penser comme nous.
Il est normal de s’empiffrer au point de mettre sa vie en danger pendant que des enfants meurent de faim.

Que vous soyez ou non en accord avec des normes, cela dépend de vos lieux de vie et de votre culture. La civilisation est un vernis. Il cache nos instincts de prédateur, mais il ne les détruit pas.
Les hommes ont jusqu’à ce jour considéré comme normal de conquérir des territoires par la force.
De la même façon, certains considèrent comme normal de s’enrichir par tout moyen légal ou moins légal.
D’autres supposent qu’un état qui les entretient dans le confort peut s’autoriser à piller les ressources d’autres nations.

Le terrorisme impose ses conceptions idéologiques. Le terrorisme adopte une attitude d’intolérance, comme d’intimidation…

Cet exercice de penser ne dispense pas votre pensée de s’atteler à la nécessité de définir le problème, de le situer, de le constituer. Voir le tronc de l’arbre, ce n’est pas voir l’arbre. Coupez un tronc, sa souche reste et sa ramure vous tombe dessus.

Quand nous allons guerroyer dans un pays pour imposer nos lois, nous avons les moyens de gagner une guerre, mais jamais plus nous ne pourrons gagner la paix.

mais quoi, ce sont des loups ?

https://www.youtube.com/watch?v=8v77VIxElwM

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