je continuerai à donner les anciennes, mais dans certains domaines le temps parcouru reste une probabilité impérieuse. Je vous propose donc de nouvelles notes de lecture sur "le monde quantique". Rassurez-vous, le temps de saisir le monde à partir du jour où la chose et la personne furent séparées, la science s'est mise à galoper. Je me contente de marcher sur un chemin passionnant, mais qui est bien cadré par des limites intellectuelles. L'intelligence vraisemblablement et surtout la rapidité nécessaire pour mettre en place les éléments proposés!

1 Quantique et sentiments ou "affects" :

La science, en vertu de sa propre méthode et de ses propres concepts, a projeté un univers au sein duquel la domination sur la nature est restée liée à la domination sur l’homme. Elle l’a aidé à se développer – et ce lien menace d’être fatal à l’univers dans son ensemble.

 S’intéresser au contenu de connaissance ou à la manière dont ces connaissances sont produites, échangées, reconnues ? Examiner la signification sociale du savoir ou sa signification intrinsèque.

 Sur la vérité :

 La vérité, conformément à une tradition qui remonte à Platon, est regardée comme dévoilement. La science serait ce travail de la pensée par lequel les voiles qui nous masquent la vue du réel sont progressivement levés. Les voiles sont plus ou moins opaques, plus ou moins nombreux, pour certains même, ils sont infinis en nombre (Popper est de ceux-là), mais derrière les voiles se trouve la présence consistante du réel.

 

n  La vérité est une construction sociale. Elle est une croyance partagée. L’idée qu’elle pourrait se distinguer de l’erreur par un lien plus adéquat au réel est une naïveté. La vérité est relative au groupe social qui lui accorde foi, voire aux individus singuliers qui leur accordent leur crédit.

 

Quand les arguments vivent « le tourner en rond », les débats pour importants ou décisifs qu’ils paraissent produisent les mêmes types de raisonnements. Mais les arguments ne font pas évoluer la position de ceux qui sont engagés dans les débats. Dès lors, des signes permettent de juger que le débat est dans une impasse.

Sortir d’une impasse nécessite un retour en arrière et un retour sur soi. L’analyse se placera sur la frontière délimitant ces deux domaines. La frontière c’est l’homme ! Comment surmonter l’obstacle du « poste d’observation » ? Voir la science du point de vue de celui qui fait la science !

Tout chercheur est confronté à la question du choix de ses propres questions. Il décide lui-même quelle question est intéressante et quelle autre secondaire et il ne dispose d’aucune méthode pour en évaluer la valeur. C’est dans la confiance qu’il a en lui-même que le chercheur puise l’essentiel de l’énergie qui lui permet de déterminer et de préciser sa question. Ce sont les sentiments qui le lient à ses propres questions qui rendent la science intéressante pour lui.

 

Comment le chercheur fait-il confiance dans sa manière d’aborder les questions ?

L’homme de science inventif est un homme intuitif. Lorsque le pionnier de la science lance les antennes tâtonnantes de sa pensée, il doit posséder une vive imagination intuitive, car les idées neuves ne sont pas engendrées par déduction, mais bien par une imagination artistiquement créatrice. De toute évidence, le monde de la science, comme celui de l’art ou de la religion, était un monde créé par l’imagination humaine, mais à l’intérieur de contraintes très strictes imposées à la fois par la nature et par notre cerveau. Le fait d’être en mesure d’évaluer les approches concurrentes possibles sur son sujet, de saisir leur pertinence et pourtant d’opter pour la voie qu’il s’est choisie, tout ceci n’est pas susceptible d’une justification intégralement rationnelle. Cela relève d’une évaluation intuitive.

Une découverte ou une nouvelle voie utiliseront rarement une méthode scientifique, mais elles reposent toujours sur une intuition humaine. Le chercheur parle d’un « besoin fondamental de connaissance », une « passion pour la vérité », ou encore, un « désir insatiable de connaitre ».

 

La référence à une divinité pour expliquer n’apporte rien à la science, la discussion et l’argumentation permettent de déboucher sur des explications correctes.

Pour autant l’éventail méthodique et conceptuel mis en œuvre dans le développement de la science ne suffit pas pour développer une science qui transforme le monde dans lequel nous vivons.

 

La distinction entre la chose et la personne date du début du 17e siècle en occident. C’est elle qui permet de passer à l’activité de notre science actuelle. Cette distinction est exprimée de façon explicite ou implicite dans tous les domaines de la science.

Il est rare que cette distinction soit toujours présente dans la pensée. Mais la connaissance d’une chose reste à la fois affective et cognitive. La partie cognitive s’accompagne d’affects. La science repose obligatoirement sur la méthode et les affects. La science expérimentale pour être née dans les temps reculés (Euclide, Thalès, Pythagore par exemple) se développe très tardivement sur une part de concept et une part d’affect, une méthode et un appétit de savoir. La connaissance sans affect n’est rien, elle équivaut à l’oubli.  

 

Les détails qui manquent lors d’une restitution mémorielle semblent impliquer un manque de sentiment. Dans une situation sentimentale, nous osons conclure de la connaissance à l’affect manquant à partir d’un oubli. Notre intérêt pour un fait scientifique se range dans la catégorie des sentiments.

Les affects, les sentiments, les émotions, les passions occupent leurs places dans toute science.

Popper : « La connaissance au sens objectif est connaissance sans connaisseur ; elle est connaissance sans sujet connaissant. ». À partir d’une distinction entre aspect logique et aspect psychologique de la science, Popper fait un motif de disqualification de l’ensemble de la réflexion sur la connaissance de Locke à Russel. Cette réflexion n’aurait pas convenablement marqué la distinction entre connaissance objective et connaissance subjective : « l’épistémologie traditionnelle, celle de Locke, Berkeley, Hume et même de Russel, est hors sujet en un sens assez strict. »